MON VILLAGE
Histoire et patrimoine
La Queue-lez-Yvelines
Entre géographie et histoire
Un territoire façonné par sa géographie
La Queue-lez-Yvelines appartient à l’arrondissement de Rambouillet et au canton de Montfort-l’Amaury. Le village est entouré de communes voisines : Garancières et Boissy-sans-Avoir au nord, Grosrouvre à l’ouest, Millemont au nord-ouest. Il se trouve à 5 km de Montfort, 22 km de Rambouillet et 29 km à l’ouest de Versailles.
Son territoire dessine un triangle irrégulier de 577 hectares, avec une base de 5 km. Le village lui-même s’étire sur 2,5 km le long de la rue Nationale. Côté relief, rien de compliqué : au sud-est, une plaine à 120 mètres d’altitude occupe la moitié du territoire ; le reste grimpe en trois paliers jusqu’à 190 mètres, sur un plateau boisé partagé avec Grosrouvre et Millemont.
Exposé aux vents d’ouest, le village bénéficie d’un climat tempéré et humide — assez rigoureux en hiver, mais globalement sain. Quelques sources s’écoulent sur les coteaux, sans jamais former de véritables ruisseaux. Le sol, hérité de l’époque tertiaire comme tout le Bassin Parisien, mêle calcaire et argile.
D’où vient le nom « Yvelines » ? Le mot signifie « petites eaux ». Il désignait à l’origine un immense massif forestier à l’ouest du Bassin Parisien, baptisé ainsi par les Gaulois deux mille ans avant notre ère. Cette forêt de l’Yveline s’étendait alors de la Seine au nord jusqu’aux forêts d’Orléans au sud, et de Montlhéry et Fontainebleau à l’est jusqu’à Laye et Dreux à l’ouest. On pense que La Queue-lez-Yvelines marquait justement la limite occidentale de cette forêt — d’où, selon certains, le nom du village : « La Queue », comme la fin de la forêt des Yvelines. Au fil du temps, plusieurs forêts voisines (Neauphle, Versailles, Chevreuse, Palaiseau, Dourdan) se sont détachées de l’Yveline d’origine pour prendre leur propre nom.
La tour Chappe, située sur la commune de Garancières, vestige du télégraphe optique qui reliait autrefois les villes de Galluis-La Queue à La Queue-lez-Yvelines.
Le premier registre municipal de « Gaslluis-La Queue » s’ouvre le 21 février 1790. Quelques dates marquantes suivent :
- 1847 : le Conseil Municipal décide la construction d’une église.
- 1883 : un décret sépare la commune en deux — Galluis et La Queue.
- 1884 : naissance officielle du nom « La Queue-lez-Yvelines », pour un village qui compte alors près de 900 habitants.
Longtemps ville-étape, faite d’auberges et de relais de poste pour les voyageurs, La Queue-lez-Yvelines accueillait commerces et hôtelleries le long de sa rue principale.
Un village au long passé
Tout commence entre le VIIe et le VIIIe siècle, quand Cauda (La Queue) s’installe sur une ancienne voie romaine — celle qui reliait Paris à Dreux, puis à la Bretagne, et qu’on appelait « le Chemin du Roy ». C’est seulement au XVIIe siècle qu’apparaît la route qui deviendra plus tard la RN 12.
Le village dépendait alors de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. En 1106, un certain Radulfus de Cauda (Raoul de La Queue) fonde vraisemblablement la dynastie qui régnera sur la commune jusqu’au XVIIIe siècle. Le premier « Chevalier de La Queue » connu, Simon, apparaît en 1260. Au siècle suivant, la seigneurie rejoint la famille de Maintenon, puis se lie à celle des de Prez au XVe siècle.
Le château Hadrot, témoin de l’histoire seigneuriale du village
Un épisode royal. L’histoire prend un tour presque romanesque avec Bernard de Prez, baron de La Queue, qui épouse en 1696 Louise de Maison-Blanche — une fille naturelle de Louis XIV, née le 17 juin 1676 d’une femme de chambre de Madame de Montespan. Louise décède le 12 septembre 1718 ; son acte de décès, conservé dans les archives du village, mentionne explicitement qu’elle est « fille naturelle de Louis XIV ». Le couple aura onze enfants, dont plusieurs filles seront admises à la Maison Royale de Saint-Louis, à Saint-Cyr, fondée par Madame de Maintenon elle-même.
Après la Révolution, les registres se font plus modestes mais tout aussi vivants : en 1792, on épouse ; en 1796, on épouse encore. Ces familles (Deprez, Claye) ont laissé une descendance qui habite encore le village aujourd’hui, sous les noms Le Sieur, Muret, Ennement ou Bortoli.
À côté des relais de poste, la vie quotidienne s'organisait aussi autour de commerces de proximité, comme l'épicerie Lebec, et de belles demeures telle la Petite Boulaie, au 89 de la rue Nationale.
L'arrivée du chemin de fer marque elle aussi durablement le village, avec sa gare qui ouvrira la commune sur le reste de la région.
En 1971, la déviation du village est ouverte et la commune retrouve enfin son calme, loin du flot de circulation qui traversait autrefois la rue Nationale.